Chroniques d’une nouvelle célibataire

Douce nostalgie

23 avril, 2008 · 13 commentaires

Ces derniers temps, je me laisse aller à la nostalgie… Le printemps est arrivé, la belle saison est à nos portes, j’ai tout pour être heureuse, mais pourtant mon petit cœur est en berne.

Je brasse mes souvenirs.

C’est qu’il y a un an, presque jour pour jour, Monsieur W et moi achetions notre première maison. L’euphorie du moment me revient en tête trop souvent ces temps-ci.

Nous avions cette histoire du petit couple parfait; rencontre au cégep, emménagés dans notre premier appart après 3 ans de fréquentations. Après 6 autres années, la maison en banlieue, l’auto, ne manquait que le bébé… C’était sur le point d’arriver et… Bang ! Tout a foutu l’camp.  C’était trop beau pour être vrai. Comme si tant de bonheur ne pouvait exister. Je me suis sauvée en courant.

Beaucoup de choses et d’irritants ont motivé ma décision, vous vous en doutez, mais on dirait que plus le temps passe, plus mes convictions changent.  Comme si ce qui m’a poussé à partir au départ ne vaut plus rien aujourd’hui.

Ce que je veux dire en fait, c’est que j’avais des raisons de partir, certes, mais aujourd’hui je me rends compte que j’avais d’autres motivations que je ne soupçonnais pas à l’époque.  Je découvre peu à peu ce dont j’avais besoin quand j’ai décidé de partir: Me connaître.

Je suis partie de chez mes parents à 21 ans pour aller en appartement avec mon chum. Et la relation a duré 10 ans. Je n’ai jamais vécu toute seule, pour moi. Subvenir à mes propres besoins, assumer la responsabilité de mes actes. En 10 ans, tout ce que j’ai fait, je l’ai fait pour mon couple, et j’y mettais toute l’énergie nécessaire, croyez-moi ! Mes goûts, mes intérêts se sont forgé à travers mon couple, mes aspirations…

J’ai particulièrement aimé l’affirmation qu’un lecteur a faite sur mon post « Premier jet !» où il disait : « On se découvre à travers notre couple, grâce au miroir de l’autre. Mais seul, c’est une autre histoire, on se le construit, notre miroir. ».

J’ai maintenant besoin de construire mon miroir et de me découvrir à travers mon reflet.

Mais, ce faisant, je laisse derrière un homme extraordinaire, un bonheur en devenir, une vie rêvée.  C’est difficile à oublier.

La vie est une suite de choix que l’on fait, comme à la croisée de chemins. Peu importe le côté qu’on choisi, ça implique qu’on ne verra pas les paysages, si merveilleux soient-ils, de la route que l’on n’a pas emprunté.

Je regrette ce chemin que j’ai laissé derrière… En continuant sur la route que j’ai choisis.

…sortez les Kleenex !

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13 réponses so far ↓

  • DC // 23 avril, 2008 à 8:32

    c’est beau :)

  • teddipearl // 24 avril, 2008 à 6:54

    j’aime beaucoup ta phrase “La vie est une suite de choix que l’on fait, comme à la croisée de chemins. Peu importe le côté qu’on choisi, ça implique qu’on ne verra pas les paysages, si merveilleux soient-ils, de la route que l’on n’a pas emprunté.” ;-)
    pour la nostalgie… ça doit être la saison… car j’ai aussi un “espèce de spleen” qui m’emplit…

  • mélanie // 24 avril, 2008 à 7:50

    Wow…très beau texte ce matin!!! Ce n`est jamais facile de prendre une décision comme tu l`as fais et souvent tu va avoir des doutes, mais dit-toi que quand tu vas avoir trouvé la vrai Cindy dans ton miroir, plus rien ne va t`arrêter, mais surtout tu vas savoir ce que tu ne veux plus dans ta vie!!!!

    Souris…il y a un beau soleil dehors et surtout tu as pleins de gens qui t`aime autour de toi!!!!

    Bonne journée ma belle.

  • Kahlia // 24 avril, 2008 à 10:51

    C’est tellement facile de te lire, Cindy !! Un vrai plaisir chaque jour :)

    J’ai aussi laissé mon copain il y a quelques mois, après 6 années de vie de couple.

    Je me retrouve dans tes textes. Ça fait partie de mon miroir :)

    Kahlia

  • Dean // 24 avril, 2008 à 7:52

    J’aime bien le “Me connaître.” Bravo. Finalement, le chemin le moins fréquenté.

    Je me disais sur le commentaire laissé par ce lecteur…”Hein, vraiment cool comm… mais c’est moi!” Je ne me rappelais pas.. Haha! Content que tu apprécies. :)

  • Dean // 24 avril, 2008 à 7:56

    Ouep, j’aime bien ce texte. Une belle candeur et un bel optimisme. :)

  • Nathalie Pelletier // 24 avril, 2008 à 9:56

    Un jour, ton miroir tu le trouveras, et en plus, la personne que tu y verras sera toi…et toi seule.
    Crois-moi !
    Après l’avoir trouvé, tu trouveras quelqu’un avec qui…tu pourras te regarder dans le miroir.
    bisous

  • Rookie // 25 avril, 2008 à 12:11

    Ce qui me bouleverse toujours le plus dans les blogues, c’est la sincérite de ce qu’on y lit… La métaphore du miroir est effectivement très bonne, et c’est la même chose avec ce qu’on lit… Plusieurs se voit au travers de vos écrits et profitent, par le fait même, de vos textes pour, peut-être comprendre leurs propores décisions… Est-ce mon cas… peut-être, mais je peux vous affirmer que ce qu’il y a de plus rafraîchissant, c’est de lire que vous avez eu peur de l’engagement… Peur de ne pas en connaître d’autres, peur de passer à côte de ce que la vie « pourrait » vous offrir… Car en fait, il n’y a aucune garantie que vous allez trouver mieux… aucune garantie que vous allez mieux vous connaître, aucune garantie point. 10 ans… une maison, presque des enfants, une relation qui se termine après 10 ans, et que reste-t-il? La solitude…. Et c’est ça qui est le plus dur à vivre… La plupart des gens pense que le plus difficile est d’apprendre à vivre avec quelqu’un… Moi je crois que c’est d’apprendre à vivre avec soi-même. Rien de plus difficile que de se regarder froidement avec les défauts et qualités! Mais revenons au courage… je suis complètement abasourdi par votre décision… Une femme qui quitte la terre promise pour errer dans les rues si froide de Montréal où tout est chacun pour soi. Quitter la stabilité, quitter les promesses, quitter sa vie… Pour vivre… Des regrets…. Certainement au debut, mais j’espère qu’avec le temps ils se transformeront en : « Ça a été la meilleure décision de ma vie! » mais seulement le temps le dira… Je ne suis pas un partisan de l’engagement mais vous êtes la preuve vivante que le clivage de pensée entre les hommes et les femmes se rétrecis de générations en générations…

    Profitez du soleil et mettez-vous de la crème solaire sinon, tout comme moi, vous aurez l’air d’un homard, et ce n’est pas le festival Red Lobster encore!!! ;-)

  • CindyLou // 25 avril, 2008 à 12:26

    Peur de l’engagement….hmmm….

    En fait, non, car c’est ce que j’ai toujours voulu toute ma vie. De plus, je suis persuadée que j’avais entre les mains un homme qui pouvait me rendre heureuse, il l’a fait pendant 10 merveilleuses années. Mais j’ai vécu tout ce temps avec cette petite impression silencieuse de ne pas le faire pour moi. Je ne suis pas sure de me comprendre moi-même au moment où j’écris ces lignes…..

    J’ai toujours tout fais “Comme il faut”, suivi les bons chemins, rencontré les bonnes personnes….

    En fait, c’est comme si toutes ces années j’avais suivi un “pattern”, un modèle de vie de couple parfait. Sans vouloir dire que j’y ai perdu mon identité, bien au contraire, mais je ne sais pas…. j’ai eu le feeling que je me devais de devenir une personne plus “complète” avant de construire une vie de famille.

    Mais avec tout ça, la crainte de ne jamais retrouver un homme aussi merveilleux que celui que j’aimais me hante sans cesse………

  • Julie // 25 avril, 2008 à 7:06

    Une des phases du deuil … sous toutes ses formes .
    Courage .. va au bout de tes convictions et instints naturels .. tu en seras fortement récompensée
    Julie
    xx

  • Dean // 27 avril, 2008 à 4:07

    Sois confiante, et encore une fois, je crois que chemin que tu as décidé d’entreprendre sera remplie de richesse… Pas nécessairement de bonheur à court terme, mais sur le long terme, j’en suis certain.. :-)

  • Tanya // 28 avril, 2008 à 12:54

    Salut Cindy,

    je tiens aussi à te dire que tu as beaucoup de courage d’aller de l’avant avec ta décision. Notre instint ne ment pas même si on fait la sourde oreille des fois…

    Courage, tu te trouveras et au moment où tu vas t’y attendre le moins BANG mister right will show up…

    Bonne journée!

  • JFB // 30 avril, 2008 à 1:28

    Cette entrée m’a touché. Celle de Rookie aussi. Pour plusieurs raisons, pêle-mêle et sans grande logique. Alors veuillez me pardonner si je saute du coq à l’âne car je parle ici d’émotions et de souvenirs…

    Le miroir tendu par l’autre. Je peux affirmer que je me suis découvert par l’entremise de mes relations passées. J’ai découvert à mon sujet du bien… et du moins bon, évidemment. À l’écoute de ce reflet, j’ai aussi évolué, appris beaucoup de choses que je n’aurais pas découvertes autrement qu’avec le partage et j’en suis très reconnaissant, car je me sens enrichi de cette façon. Par ricochet j’ai découvert l’envers de la médaille, ces aspects beaucoup moins flatteurs que ce reflet tend vers vous. C’est douloureux… et parfois blessant… je ne sais trop quoi dire…mais ça peut être constructif (il faut bien voir du positif!).

    Le miroir tendu par soi. Je suis d’accord avec Rookie, il est celui qui d’apparence est le plus facile, car on est seul et on a aucun compte à rendre à personne… mais pour quiconque est moindrement honnête, et j’insiste sur l’honnêteté, accepter ses qualités et ses défauts est un exercice ardu ou trompeur. Comme bien d’autres personnes, on en arrive parfois , dans les moments de déprime, à la conclusion que l’on est son pire ennemi et critique. Ce qui m’amène aussi à me demander si je suis pas tout simplement trop dur envers moi-même. D’autres font tout simplement comme si de rien n’était en se considérant comme la quasi-perfection incarnée et ainsi tombe dans le piège de l’auto-congratulation. Je serai donc tenté de dire que notre personalité est donc une combinaison de ces reflets, qu’il est un «amalgame évolutif». (oh wow je m’épate)

    Le deuil et la nostalgie. Ils vont de pair. Je crois que la nostalgie est la pire des tortures. Après chaque rupture, durant les moments creux de solitude ou… l’avènement de dates spéciales, entre autres, la nostalgie venait me chercher et me rappeller les bons moments de la relation qui s’était achevée. La pluie de regrets et de remords s’ensuivait. La nostalgie est ce drôle de réflexe psychologique que nous avons tous qui tend à éliminer les aspects négatifs qui nous déplaisaient et de nous rappeller uniquement les bonnes choses. Elle nuit au jugement. Elle est parfois si forte qu’il me faut un ami, une aide extérieure pour me rappeller, par exemple, comment j’étais malheureux à cette époque, ou comment je me plaignais de certaines choses… C’est ce qui m’est arrivé avec la femme en qui je croyais avoir trouvé l’âme soeur et avec qui j’envisageais de faire bien des choses dont fonder une famille. Malgré toutes ses qualités, mon instinct me disait que quelque chose clochait énormément. Ce n’était pas l’engagement mais bien un problème qui n’était possible de régler (et que je ne dévoilerai pas ici, désolé). J’avais perdu espoir, à ma grande déception. Puis la distance (physique) a fini par emporter les moindres parcelles de reprise. La nostalgie est souvent venue me torturer à ce sujet. Mais avec la tête froide, avec le recul ô combien nécessaire, j’ai fini par comprendre que, malgré la peine causée des deux côtés, j’ai fait le bon choix.

    L’engagement et les ruptures. Je dois l’admettre, j’ai déjà eu cette peur qui me faisait entrevoir des images de rêves brisés, d’emprisonnement conjugal et j’en passe. J’ai donc mis fin à mon lot de relations par peur de ne pas concrétiser ces rêves. Ces buts étaient importants pour moi, je sentais un besoin viscéral de me prouver que j’étais capable de belles choses, contrairement à bien des gens qui me croyaient destinés à pas grand chose et qui ne s’étaient jamais gênés pour le dire. J’ai donc été souvent l’instigateur de bien des ruptures.
    Ayant réalisé certains de ces buts, j’ai aussi compris, maturité aidant (cela m’a pris du temps je l’admet), que je pouvais faire bien de ces choses en partageant, et que de toutes façons, j’étais tout simplement plus heureux lorsque justement je partageais à deux toutes ces choses, les bonnes comme les mauvaises…

    Puis le karma m’a finalement rattrapé. Je n’étais pas l’instigateur de ma dernière rupture. La personne en qui je fondais des espoirs, malgré les hauts et les bas, avait décidé autrement. J’ai appris les raisons qui la poussaient à rompre et je sentais ce miroir de l’autre tendu vers moi. Une fois seul, avec mon reflet à moi, je me regarde, en essayant d’appliquer les leçons de l’autre miroir et en tassant la nostalgie de côté.
    Bref, c’est un peu toutes ces choses que j’ai retrouvées dans l’entrée de notre chère auteure et qui sont venues me chercher. Si quelqu’un y trouve quelque chose, qu’il ou elle ne se gêne pas pour ajouter son grain de sel…
    je vais maintenant tâcher de profiter de mon congé de maladie en me reposant!!

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